Permettre le débat pour une nouvelle approche citoyenne et populaire de la chasse et de l’élevage

D’un côté il y a les défenseurs absolus de la chasse, ou de l’élevage intensif, qu’aucun argument ne saura ramener. De l’autre, les défenseurs absolus du véganisme et de la cause animale pour qui aucun compromis n’est acceptable.

Au milieu, il y a la majorité de nos concitoyens, désormais sensibilisée aux souffrances animales autant qu’attachée aux traditions, qui font vivre les territoires de notre beau pays, et à sa gastronomie. Et ceux-là, dont je fais partie, qui souhaitent trouver un nouvel équilibre dans le calme, savent qu’il est possible de trouver des accords intelligents comme cela se fait chaque weekend durant la période de chasse ou dans de nombreux élevages, dans tous les coins de France.

Aujourd’hui, le débat se porte de façon aigüe sur le respect des animaux, que ce soit dans la chasse ou l’élevage. Consciente à la fois des incompréhensions et des rejets vis-à-vis de certaines pratiques, comme des efforts fournis par les chasseurs et éleveurs, je suis attachée à porter ce débat largement afin d’accompagner une nouvelle relation entre les chasseurs, les éleveurs et le grand public.

Une histoire de droits et de privilèges

L’histoire de la chasse est intimement liée à l’histoire politique et sociale de notre pays. Il fut une époque où les droits de chasse étaient réservés à la noblesse, aux privilégiés. La chasse servait alors autant d’entraînement à la guerre que d’occupation physique de l’espace domanial, où s’exerçait le droit féodal par le seigneur. Le tiers-état, le peuple, était lui interdit de chasse et risquait de lourdes peines, jusqu’à la mutilation, pour avoir braconné. Cet interdit fonde les rapports de domination et de classe.

Dans la nuit du 4 août 1789 et l’abolition des privilèges de l’Ancien Régime, c’est surtout le droit exclusif de chasse qui est aboli. Désormais, la liberté de chasse est la règle commune et tous les citoyens Français y ont accès. On le sait alors, la chasse est une affaire de communauté locale. Comme de nombreuses traditions, elles lient les familles et se transmettent de génération en génération.

L’élevage en France a une autre histoire, beaucoup plus populaire, qui a vu son fonctionnement muter au fil des siècles pour s’intensifier largement dans les dernières décennies et après la Seconde Guerre mondiale, pour nourrir tous les enfants du baby-boom et reconstruire la France. Elle est une marque séculaire de l’attachement des Français pour les animaux, car qui davantage qu’un éleveur aime ses bêtes?

Quel est le vrai débat ?

Il n’est évidemment pas question pour moi de défendre l’interdiction de la chasse qui est pratiquée de manière raisonnable et organisée par la plupart des chasseurs. Je reconnais même le plaisir de partager le gibier chassé dans une ambiance conviviale. Il est certain que cette activité n’a pas que des torts et je veux l’affirmer ici, la chasse est une activité qui a le droit d’exister et qui est encadrée de manière rigoureuse pour permettre les bonnes relations avec ceux qui ne la pratiquent pas.

De la même façon, je soutiens les éleveurs qui pratiquent leur profession chaque jour, dans des conditions souvent austères, pour le plus grand plaisir des buveurs de lait, les consommateurs d’œufs ou de viande. L’agriculture est une des fiertés de notre pays et une des forces de notre rayonnement économique et culturel dans le monde.

Il me semble que le vrai débat se situe dans l’acceptabilité de certaines pratiques dans la société. De nombreux citoyens de notre pays ne comprennent pas l’usage de certains modes de chasse ou d’élevage qui leur semblent excessivement agressifs vis-à-vis des animaux. Les méthodes de chasse dites traditionnelles, la chasse à courre (grande vénerie) ou la petite vénerie (comme le déterrage), l’élevage d’animaux qui ne voient pas la lumière du jour ou sont contenus dans des enclos trop petits pour qu’ils puissent même se déplacer sont aujourd’hui très largement contestées et rejetées.

Le partage de l’espace forestier est aussi au cœur du débat avec la multiplication des activités, comme la pratique du VTT, de l’équitation ou de la randonnée. Il faut trouver un accord de partage d’un espace où il peut y avoir des conflits d’utilisation, qui permette de reconnaître le rôle de chacun tout comme les droits individuels et collectifs. Que ce droit d’utilisation libre des territoires soit garanti à chacun et que la reconnaissance populaire de la chasse comme une activité positive soit de nouveau répandue. Les efforts fournis en faveur de solutions innovantes pour améliorer à la fois le bien-être animal et la productivité des élevages sont réels et positifs et doivent se poursuivre pour donner toujours plus confiance aux consommateurs.

Les prochaines étapes

Je rencontrerai dans les prochaines semaines les associations de chasseurs, de randonneurs et de défenseurs des animaux, tout comme les représentants des éleveurs. Je veux croire qu’un débat apaisé et mâture entre citoyens de bonne volonté pourra permettre de trouver un accord dans l’utilisation des espaces forestiers et ruraux.

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