Rencontre entre les agriculteurs du vignoble nantais, et les eurodéputés V. Hayer et J. Decerle.

Jeudi 28 octobre, j’ai invité Valérie Hayer, eurodéputée LREM, membre de la commission des budgets et co-présidente de la délégation Renaissance, ainsi que Jérémy Decerle eurodéputé, membre de la commission agriculture et développement durable, à venir rencontrer différents entrepreneurs du vignoble et échanger sur les problématiques du territoire.

J’ai d’abord souhaité leur présenter En Direct Des Eleveurs (EDDE) à Rémouillé. Cette marque de produits laitiers est née d’un groupement de producteurs de lait du territoire qui a choisi de bousculer les modèles existants pour créer le leur propre. Ces agri-entrepreneurs se sont battus pour que soit proposée une nouvelle façon de faire aux éleveurs, garantissant à la fois un meilleur revenu pour eux, des produits de haute de qualité et une démarche environnementale éco-responsable, le tout en circuit court.

Fabrice Hégron nous a expliqué les difficultés auxquelles ils ont fait face : la pression administrative, financière, lobbyiste, … Et comment par son engagement et sa pugnacité il a réussi à surmonter les obstacles, les uns après les autres.

Il nous a présenté les partenaires qui leur ont fait confiance dans leur combat : M. Brindejonc, DG d’Agri Ethique, label garantissant le revenu des agriculteurs, la préservation des emplois dans les régions et le soutien aux pratiques sociétales et environnementales éco-responsables ; ainsi que M. Ploquin, représentant de l’enseigne Leclerc (Clisson) qui, comme Système U, ont cru en ce projet innovant.

Ce projet, que je soutiens depuis l’origine, démontre à quel point nos territoires sont innovants et le rôle d’accompagnateur et de facilitateur que peuvent et doivent occuper les élus.

Nous avons poursuivi notre journée au Domaine de Bellevue, à Gétigné. M. Bretaudeau nous reçu dans son chais pour nous expliquer les grandes difficultés auxquelles font face nombre d’agriculteurs, et notamment les viticulteurs. En effet l’épisode de gel de cette année a été un vrai désastre, pour lui comme pour tellement d’autres. Si tout le monde est d’accord sur l’idée qu’il faut protéger les plantations lors de ces périodes de gel, les solutions proposées ne se valent pas toutes et certaines ont des inconvénients non négligeables. Les bougies, par exemple, demandent énormément de manutention et donc de main d’œuvre sur une période très courte, ce qui est très difficile à mettre en place. Les éoliennes antigel sont efficaces mais très coûteuses par rapport à l’utilisation faite dans l’année, et surtout sont extrêmement bruyantes, ce qui cause de réels soucis pour le voisinage et quelques fois de très fortes tensions. Il y a encore les fils chauffants, qui courent le long des vignes. Là aussi le coût d’installation est très élevé, comme celui d’utilisation puisque ces fils marchent à l’électricité.

Le travail entamé, portant sur un accompagnement global, mais aussi agile et adapté de nos agriculteurs doit se poursuivre. Il faut également continuer à travailler à réduire le délai de paiement des aides exceptionnelles après la survenue des aléas.

Nous avons conclu notre journée avec un temps d’échange avec Monsieur Olivier, membre de l’Association Organisation Professionnelle nationale (AOPn) Tomates & Concombre à Saint-Julien de Concelles. Pour cette visite, j’ai tenu à élargir l’invitation à mes collègues parlementaires du département, ainsi qu’au Conseil régional et à la Chambre d’agriculture.

L’AOPn m’avait sollicitée il y a quelques mois pour m’alerter sur les difficultés que rencontrait leur filière face à la concurrence, tant sur le marché européen que hors UE. Ils sont déjà en contact régulier avec Jérémy Decerle sur cette question et c’était donc pour eux l’occasion de se rencontrer et d’exposer leurs problématiques à l’ensemble des élus du territoire.

Ce temps d’échanges très riches a permis à l’AOPn d’expliquer quels étaient les risques sous-jacents à une concurrence très forte dans leur filière. Par exemple, il leur est très difficile voire impossible de s’aligner en termes de prix, quand les normes au sein de l’UE ne sont pas les mêmes que celles appliquées à nos importations. Par exemple, le coût de la main d’œuvre en France est 94 % plus élevé qu’au Maroc. Ils en appellent aussi à l’harmonisation des règles au sein même de l’UE, afin de pouvoir tous jouer le même jeu, avec les mêmes cartes. Pour rester sur l’exemple du coût de la main d’œuvre, les écarts vont de 18 à 60 % au sein même de l’UE. Ils nous enfin exposé pourquoi selon eux, il ne faut pas opposer agriculture bio et agriculture raisonnée. Si nous voulons garder la souveraineté alimentaire européenne, ils pensent devoir travailler main dans la main en gardant tous le même objectif : une agriculture responsable.

Cette journée passée en compagnie de mes collègues européens V. Hayer et J. Decerle dans le Vignoble, m’a confortée dans l’idée que nos agriculteurs savent le rôle qu’ils doivent jouer dans la construction des nouveaux modèles de production, qu’ils savent mieux que quiconque l’importance du respect que nous devons à notre environnement et que nous devons encourager et valoriser leur agilité et leur travail.

Je suis persuadée que c’est en travaillant ensemble, à toutes échelles, locales, régionales, nationales et européenne que nous arriverons à relever les défis majeurs qui se dressent devant nous.

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